Nos missions

Aménager durablement

La ligne 18 du Grand Paris-Saclay, la ZPNAF, des objectifs de mixité, diversité et proximité : les principes et les composantes structurantes de l'aménagement du territoire de Paris-Saclay.

    Les principes d'aménagement de Paris-Saclay

    Cœur scientifique du projet, le Sud du plateau de Saclay, qui s’étend sur 7 km et environ 600 hectares, doit à terme devenir un campus urbain innovant d’envergure internationale qui accueillera à l’horizon 2025, 15 000 habitants, plus de 20 000 enseignants-chercheurs, plus de 30 000 étudiants et 21 000 salariés.

    Historiquement, les arrivées d’établissements sur le sud du plateau se sont faites au coup par coup. Les premiers arrivés ont fait le choix d’organiser l’espace de leur campus autour de leurs seules implantations. Chaque établissement a donc été pensé de manière autonome et a anticipé la totalité de ses besoins sur sa parcelle. Pour répondre aux extensions futures, tous ont prévu de grandes réserves foncières. C’est pourquoi la concentration de scientifiques sur le site n’était jusqu’alors une réalité que sur les cartes ; dans les faits, la dispersion dans l’espace et le fonctionnement autarcique des établissements ne permettaient pas des échanges aussi nourris qu’attendus.

    La stratégie d’aménagement mise en œuvre rompt avec la logique historique de dispersion, d’inconfort et d’isolement. Il s’agit de transformer ce qui forme un agrégat d’instituts, d’universités, d’écoles et d’entreprises en un véritable campus urbain.

    Appuyé par des équipes de maîtrise d’œuvre accompagnant la conception paysagère et urbaine (Bruel-Delmar/ Germe & JAM / ARTELIA pour le quartier de Moulon ; MDP-XDGA/FAA-CONCEPTO pour le quartier de l’École polytechnique ; uapS / BASE / TPF Ingénierie/ Safège / Biotope/ON pour le quartier de Corbeville), l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay a défini des principes d’aménagement à l’échelle du Sud plateau pour permettre le développement et l’intégration des différents quartiers.

    • 1 - Un paysage composite de l’interface ville/nature/agriculture

      Ce système se rattache à la géographie des coteaux pour constituer le cadre physique dans lequel s’intégrent les différents quartiers.

      2 - Une chaîne des lieux majeurs

      Il s’agit d’un tracé est-ouest qui est constitué d’une séquence de lieux publics très variés. Condensateur d’usages, il constitue l’espace public représentatif du campus, son adresse. À grande échelle, cette chaîne est une centralité et un repère spatial pour les usagers tandis qu’à une échelle plus rapprochée, chacun des espaces est un lieu emblématique de rencontres et d’échanges, à proximité des lieux de densité.

      3 - Un réseau de mobilité

      Le schéma s’organise autour d’un large spectre de mobilités au premier rang desquelles se trouve le métro. Avec ses trois gares du CEA Saint-Aubin, d’Orsay-Gif et de Palaiseau, celui-ci viendra structurer les polarités et relier de manière rapide et efficace le plateau à Paris et au reste de la métropole. Le Transport en Commun en Site Propre (TCSP) joue déjà un rôle structurant puisqu’il a été prolongé entre le site de l’École polytechnique et le Christ de Saclay en 2016. Les mobilités douces et le maillage viaire en cours organisent les quartiers et leur desserte ;

      La création de plusieurs quartiers mixtes et compacts, avec trois projets urbains majeurs : le quartier de l’École polytechnique à Palaiseau, le quartier de Corbeville et le quartier de Moulon à Gif-sur-Yvette, Orsay et Saint-Aubin en lien avec le site du Commissariat de l’Énergie Atomique, de l’Université Paris-Sud et du CNRS dans la vallée. Ces quartiers regroupent à la fois des espaces universitaires, des bureaux et activités économiques, des logements (pour les familles comme pour les étudiants), des équipements et des commerces dans une logique de mixité fonctionnelle garantissant l’animation du campus et son attractivité.

       

    Nouveaux enjeux

    Outre les enjeux urbains précédemment exposés, l’EPA Paris – Saclay s’est inscrit dans une démarche forte de transition vers une construction durable et décarbonée, l’un des objectifs définis dans la stratégie de Développement Durable et de Responsabilité Sociétale.

    L’EPA Paris-Saclay développe une stratégie bas carbone ambitieuse. L’ensemble de ses opérations font l’objet d’un suivi rigoureux, désormais réglementaire, via la méthode d’analyse de cycle de vie du bâtiment. Soucieux de faire du territoire un laboratoire de la ville durable, l’EPA Paris-Saclay impose aux opérateurs immobiliers d’aller au-delà des curseurs réglementaires sur la performance carbone du bâti. La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) prévoit en effet de diminuer progressivement l’impact carbone maximal pour les projets de bâtiments par des paliers déterminés en 2022, 2025, 2028 et 2031. D’ores et déjà, l’EPA Paris-Saclay exige des opérateurs qu’ils aient au moins un ou deux temps d’avance sur les paliers prévus par la RE2020. Il s’appuie pour cela sur ses prescriptions en faveur des matériaux biosourcés et naturels (en isolation, dans la structure des bâtiments), moins émetteurs de carbone que des matériaux très transformés tels que le béton ou la brique.

    L’EPA Paris-Saclay s’est ainsi engagé en novembre 2020, avec les aménageurs, opérateurs immobiliers et collectivités d’Île-de-France volontaires, dans le cadre du pacte bois-biosourcé, porté par l’interprofession du bois et de la forêt régionale, FiBois Ile-de-France. Il s’agit ainsi pour l’aménageur de réaliser 40% au moins de sa surface de plancher, sur la période 2021-2024, en intégrant des matériaux biosourcés dans le bâti, Le Pacte prévoit deux niveaux d’application :

    un niveau A1 qui prévoit la mise en œuvre d’au moins 30kg/m² de surface de plancher de matériaux biosourcés dans la construction. Au maximum la moitié des bâtiments concernés par le Pacte pourront répondre au niveau A1 ;

    un niveau A2 qui prévoit la mise en œuvre d’au moins 40kg/m² de surface de plancher de matériaux biosourcés dans la construction. Au moins la moitié des constructions devront répondre du niveau A2 dans les opérations d’aménagement. .

    Il s’agit donc d’une nouvelle étape de l’engagement de l’EPA Paris-Saclay pour un projet d’aménagement vertueux et responsable. L’aménageur, en son rôle de prescripteur, provoque un effet signal pour inciter les opérateurs, maîtres d’œuvre et entreprises à transformer leurs pratiques en faveur de la construction durable.

    De nouvelles exigences au plan architectural

    Les exigences d’une production architecturale décarbonée bousculent toutefois les savoir-faire et la conception des façades. Les réponses, encore souvent ordonnées par le béton, ne sont plus forcément adaptées. Les fondamentaux historiques permettant une pérennité des constructions (utilité, solidité, esthétisme) sont désormais particulièrement requestionnés par la recommandation voire l’obligation de concevoir les édifices, au moins partiellement, en ossature bois.
    Ainsi pour garder des matérialités extérieures nobles, il convient d’élaborer les enveloppes comme des systèmes « manteaux » et de mobiliser majoritairement des matériaux dont la production et la consistance sont peu carbonées avec des possibilités de recyclage et de réutilisation. Mettre en œuvre une façade massive et/ou lourde du type brique massive voire pierre massive devient complexe et onéreux par les implications des interfaces avec la structure bois.
    Dans ce contexte, l’EPA Paris-Saclay attend de ses AMO et maîtres d’œuvre une grande sensibilité et expertise sur ces questions ; qu’ils conseillent avec pertinence l’aménageur sur les choix d’aménagement à opérer et les prescriptions à renouveler dans le cadre des futures cessions de charges foncières et les développements immobiliers programmés ces prochaines années dans le cadre de ses ZAC. De même, les enjeux d’accessibilité universelle aux espaces publics comme aux constructions doivent être pris en compte.

    Trois composantes structurantes

    Riche de ses contrastes et de ses activités économiques, agricoles, scientifiques, industrielles,… Paris-Saclay  constitue un vaste laboratoire permettant de définir et mettre en œuvre des solutions innovantes – et bien souvent inédites à cette échelle – en faveur des transitions écologique, énergétique et numérique.

    Le projet territorial porté par l’EPA Paris-Saclay, dans le cadre de l’Opération d’intérêt national (OIN), vise à l’aménager pour en faire un territoire « durable », c’est-à-dire répondant aux exigences du développement durable.

    Trois composantes principales en structurent l’aménagement.

    1 - La ligne 18 du Grand Paris-Express

    D’abord, il se déploie le long de la ligne 18 du Grand Paris Express, formant ainsi un archipel urbain de « quartiers de gare », rattachés à leurs communes et agglomérations respectives. Cette ligne 18 rappelle au passage la place occupée par le projet Paris Saclay comme pôle et centralité structurante du Grand Paris.

    À travers cette ligne 18, l’aménagement de Paris-Saclay concourt à  changer radicalement la configuration de la région Ile-de-France vers un polycentrisme à même de mieux répondre aux exigences de décarbonation du fait de ses incidences positives : un rapprochement entre les bassins de vie et d’emploi, un moindre recours à la voiture individuelle, l’opportunité d’aménager des quartiers de gare dense où les mobilités actives sont privilégiées),… Autant d’incidences à même de contenir l’étalement urbain, de préserver des espaces naturels, agricoles et forestiers (enjeu de la ZPNAF).

    Opération d'Intérêt National
    La ligne 18 du Grand Paris-Express

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    2 - La ZPNAF

    Ensuite, le développement des espaces urbanisés est contenu dans les limites strictes posées à l’artificialisation des sols, avec l’instauration de la Zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF).

    Territoires de projet
    La Zone de protection naturelle, agricole et forestière

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    3 - Densité, mixité, proximité...

    Enfin, la logique d’aménagement répond au triple objectif de densité, de mixité sociale et de mixité fonctionnelle de façon à garantir un cadre de vie de qualité, un aménagement inclusif et une proximité de services contribuant à réduire les besoins de déplacement des habitants comme des usagers.

    Comment aménage-t-on Paris-Saclay à l'heure d'une crise sanitaire ?

    La crise sanitaire liée à la Covid-19 a souligné le besoin de reconnecter urbanité et nature. Or, dès sa création, Paris-Saclay porte une ambition de préservation des dimensions naturelles, agricoles et forestières du plateau de Saclay, mais aussi de connexions entre quartiers d’habitation et pôles tertiaires à travers notamment une réflexion sur les lisières des espaces naturels et forestiers des coteaux. Les travaux du paysagiste Michel Desvigne, initiés dès 2010, répondent notamment à ces enjeux.

    À cette mobilisation en faveur de la préservation de l’environnement, l’EPA Paris-Saclay ajoute une réflexion sur le bâti – le recours massif au télétravail pendant le confinement a fait réfléchir sur les aménagements à envisager pour accroître la qualité des logements. Il s’engage à explorer la possibilité de créer des équipements collectifs, notamment autour de la santé, à l’image de ce que l’on peut voir au Japon où des centres de santé sont intégrer dans les immeubles de façon à pouvoir télé-consulter son médecin. À suivre, donc.

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    Aménager à l'heure des transitions

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