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Scène Ensemble sur un plateau

Créé le 04/05/2026

Modifié le 04/05/2026

Aurélie Foucher, co-directrice déléguée de Scène Ensemble

Plus de chemins qu’on ne le pense peuvent mener à un métier, même quand il paraît éloigné de son champ de compétences. Illustration avec le témoignage d’Aurélie Foucher, co-directrice déléguée de Scène Ensemble, le syndicat des professionnels du secteur public du spectacle vivant, qui explique par la même occasion ce qui l’amène à porter son attention sur le plateau de Saclay.

- Si vous deviez, pour commencer, par caractériser Scène Ensemble et ses missions ?

Aurélie Foucher : Scène Ensemble est un syndicat d’employeurs. Sur l’ensemble du territoire hexagonal et ultra-marin, il compte aujourd’hui un demi-millier d’adhérents sur l’ensemble : des entreprises au sens de l’Insee et, dans notre cas, une majorité d’associations du champ du spectacle vivant dit public ou subventionné. Une des particularités de Scène Ensemble est que nous comptons aussi beaucoup d’adhérents de droit public, en régie directe par exemple, ce qui implique des modes de fonctionnement et des problématiques particulières par rapport aux scènes de droit privé. À nos adhérents qui peuvent donc être aussi bien des scènes permanentes, des festivals ou des équipes artistiques, nous proposons trois choses : d’une part, un soutien – du conseil et de l’accompagnement – ; d’autre part, une participation en leur nom au dialogue social ainsi que l’administration de l’ensemble des organismes sociaux du secteur du spectacle ; enfin, une contribution, dans une logique de co-construction, aux politiques publiques en faveur du spectacle vivant, de façon à garantir à celui-ci une vraie place dans la société.

 

- Dans quelle mesure vous faites-vous l’observatoire de ses nouveaux défis ou enjeux ? je pense spontanément à ceux liés à l’IA dont on parle tant…

A.F. : La question de l’IA est bien évidemment à l’ordre du jour de notre agenda, même si elle demande à être encore travaillée. Nous couvrons des champs d’activité sur lesquels elle a déjà des impacts plus ou moins importants. Parmi les sujets qui nous mobilisent, il y a bien sûr celui relatif au respect des droits d’auteur et des droits voisins, qui concernent notamment les activités de composition musicale. Cela étant dit, nous ne percevons pas encore toutes les difficultés que l’IA peut induire concrètement. Il faut dire que le secteur du spectacle vivant s’apparente encore en grande partie à un secteur artisanal. Nous sommes encore loin des logiques des industries culturelles, davantage concernées et percutées par l’IA générative. Ce qui ne veut pas dire, j’insiste sur ce point, que nous restons en marge des évolutions en cours. Nous nous montrons particulièrement attentifs aux régulations qui se mettent en place de manière à assurer plus de transparence sur les risques, mais aussi, pourquoi ne pas le dire, avec curiosité, sans exclure que cette IA puisse aussi ouvrir des perspectives intéressantes. Peut-être sommes-nous dans une situation comparable à celle où se trouvaient les peintres au moment de l’apparition de la photographie. Gardons-nous d’avoir une posture exclusivement défensive ou de défiance.

Donc, oui, nous participons au dialogue social sur les défis et enjeux de société, ceux de l’IA mais pas seulement, étant entendu que ce dialogue se déroule désormais à un niveau européen, car c’est à ce niveau que cela se joue pour ce qui concerne au moins les questions de régulation, qui ne sauraient être envisagées dans le seul cadre national.

- Mais au final, l’IA générative n’est-elle pas une opportunité pour le spectacle vivant au sens où elle révèle en creux ce qu’il y a d’irréductible dans ce type de spectacle, à savoir son caractère vivant précisément, du fait de l’opportunité qu’il offre à un public d’assister en live à une création, avec des artistes en chair et en os, sans compter l’ambiance induite par l’expérience d’émotions partagées par le public ?

A.F. : C’est une question qui mériterait d’être posée précisément aux personnes qui continuent à assister à du spectacle vivant. Quant aux artistes eux-mêmes, je crains que, quand bien même c’est précisément le caractère vivant de leur création qui les motive, ils n’en sont pas moins préoccupés par ce risque d’un remplacement de leur compétence créatrice par de l’IA générative, sur fond d’une précarisation déjà à l’œuvre. Dans ce contexte, je doute que cette IA soit pensée par eux d’abord en termes d’opportunités.

Ce que je peux dire en revanche, c’est que nous n’avons pas la recette du succès, que ce soit avec ou sans IA générative. Dans le cas de l’industrie musicale, on a insisté sur le fait que les plateforme de streaming avaient déjà commencé à mettre en ligne du contenu généré par cette IA ; un contenu d’autant plus problématique même s’il ne donne pas lieu, en tout cas pour le moment, au versement de droits d’auteurs. Il permet de tester du matériau artistique à partir de contenus culturels crées par de vrais artistes. Ce qui soulève la question des critères de choix de l’algorithme utilisé à cette fin, pour coller au plus près des goûts du spectateur ou de l’auditeur, avec le risque que l’IA générative ne fasse, au final, que renforcer le goût du « même », au lieu d’inciter à découvrir d’autres univers musicaux et artistiques de manière plus générale. Soit ce que nous cherchons précisément à défendre en valorisant la diversité de la création artistique mais aussi son ancrage territorial, non sans promouvoir par là même un art de la relation avec des œuvres, des artistes vers lesquels on n’irait pas spontanément. Quelque chose de précieux à quoi je doute que l’IA soit en mesure de se substituer. Reste qu’elle peut modifier, altérer la capacité de personnes à aller à la rencontre de contenus inédits, disruptifs, innovants…

J’ajoute que le spectacle vivant a pour lui d’offrir quelque chose de l’ordre de l’expérienciel, au même titre d’ailleurs que les événements sportifs auxquels on assiste en direct, dans un stade ou d’autres lieux dédiés : dans un cas comme dans l’autre, on partage une émotion avec des proches mais aussi une communauté plus large. C’est dire si le spectacle vivant contribue à l’apprentissage du vivre ensemble dans la différence, à travers une production artistique qui fédère, réunit des personnes qui ne se connaissent pas a priori. C’est la vocation même du spectacle vivant que nous nous attachons à défendre.

Quant à savoir si l’IA peut remettre en cause cela, rien n’est moins sûr. En l’état actuel des choses, cette perspective n’est pas particulièrement encouragée par les pouvoirs publics, qui privilégient d’autres domaines – la recherche, l’innovation, etc. Les pouvoirs publics s’attachent plus à soutenir les  activités du spectacle vivant en tant que telles, y compris et peut-être d’abord, les collectivités territoriales. Je dis cela même si on peut pointer des remises en causes de ce paradigme à travers la baisse des subventionnements par certaines de ces collectivités. Heureusement, la plupart d’entre elles ont conscience de ce que ces activités génèrent de positif sur leur territoire : des retombées économiques, plus d’attractivité, mais pas seulement. Ces activités contribuent aussi à la qualité du cadre de vie.

Autant de choses qui nous font dire qu’il n’y a pas lieu de voir dans l’IA une menace a priori pour ces activités. La question qui se pose davantage, selon nous, est de savoir si, à plus ou moins courte échéance, il y aura toujours un consentement du public à payer pour maintenir une forme d’artisanat et de service public de la culture de proximité. La question se pose au vu des contraintes budgétaires et de remises en cause d’une politique publique culturelle qu’on peut entendre de la part de certains élus.

- Qu’est-ce qui vous a prédisposée à devenir directrice déléguée de Scène Ensemble ?

A.F. : Codirectrice déléguée !  Car Scène Ensemble est née en 2025 du SNSP (Syndicat National des Scènes Publiques) et de PROFEDIM (syndicat professionnel des PROducteurs, Festivals, Ensembles et Diffuseurs Indépendants de Musique), deux organisations riches chacune d’une longue histoire de sorte que nous avons jugé utile d’opter pour une codirection. Ceci étant dit, j’en viens à votre question. Au risque de vous surprendre, je répondrai : rien ! Rien ne m’a particulièrement prédisposée à participer à la codirection d’une telle organisation ! Rien au sens où je n’ai pas choisi de travailler dans une organisation professionnelle. J’y suis venue sans l’avoir cherché, pour reprendre cette notion de sérendipité qui semble vous être chère [sourire].

- Oh, merci d’être parvenue à glisser ce mot dans notre conversation. C’est un mot qui m’est effectivement cher – il est l’un des enjeux du projet même d’écosystème Paris-Saclay !

A.F. : Maintenant, si je fais un rapprochement entre ce qui m’animait quand j’étais enfant, et ce que je fais aujourd’hui, je retrouve à la fois tout et aucune de mes aspirations. Enfant, j’avais trois ambitions : être souffleuse de verre, médecin urgentiste et star de cinéma – je dis bien star de cinéma et non comédienne, ce qui aurait eu plus à voir avec le spectacle vivant.

Cela étant dit, dans toute organisation professionnelle, il y a toujours un peu quelque chose de la comédie humaine, de représentation de soi dans des contextes variés – de négociation, de plaidoyer. Il y a aussi quelque chose qui tient à l’urgentiste, comme lorsqu’il faut faire face à des situations de crise, comme celle, sanitaire, liée au Covid-19, qui a directement impacté, du fait notamment des périodes de confinement, le spectacle vivant. Enfin, il faut aussi faire preuve de créativité : faire entrer des ronds dans des carrés, réparer ce qui ne fonctionne plus, trouver des solutions originales. Finalement, mon aspiration à être utile à la société, à travers cette vocation d’urgentiste, trouve à se réaliser dans les fonctions que j’occupe aujourd’hui. Pour autant, rien ne m’y avait préparé. Au risque de vous surprendre encore, je n’avais pas, par exemple, pris connaissance de la convention collective qui régit nos activités, avant d’être embauchée à ce poste. J’ignorais tout du dialogue social, n’avais pas été formée à la négociation collective. En ce sens-là, je n’étais donc pas prédisposée. Mais je trouve qu’il y a quelque chose de rassurant à pouvoir se dire que des compétences acquises au cours de parcours de vie sont transférables d’un domaine à l’autre, qu’on peut gagner à ne pas s’en tenir à ce qu’on sait faire. Avec le recul, force est de constater que j’ai jusqu’à présent toujours occupé des postes qui, a priori, n’étaient pas fait pour moi au point de les découvrir  chemin faisant. J’y vois une leçon de vie plutôt réjouissante : cela signifie qu’il y a bien d’autres opportunités, horizons qui peuvent s’ouvrir à soi, qui ne sauraient se réduire à ses études et ses diplômes. Il suffit d’être convaincu de l’intérêt de ce qu’on fait, d’accepter de prendre son risque…

- Ainsi que nous y invite René Char [ « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront » ]…

A.F. : Je vois que nous parlons le même langage ! [Rire].

- Pour en revenir à votre parcours, n’aviez-vous pas l’expérience de la direction d’une entreprise ou association du spectacle vivant ?

A.F. : Non, ce n’est pas le choix que j’avais fait. Une fois mon Bac en poche, j’avais opté pour une hypokhâgne et une khâgne avec l’intention de travailler dans l’édition – les lettres et les livres occupent une place importante dans ma vie ! Finalement, par un concours de circonstance, j’ai passé une licence d’anglais avec une double équivalence en licence d’histoire, avant de poursuivre des études en expertise de projets culturels. Au moment de mon stage de licence, j’ai trouvé un emploi au sein du service d’une collectivité, en charge de l’ensemble de la politique musicale – des conservatoires aux orchestres municipaux en passant par les salles de concerts, l’organisation de festivals et autres événements. J’ai continué bon an mal an mes études tout en passant des concours de la Fonction publique.

C’est, donc, par le terrain que je suis entrée dans le spectacle vivant non sans me passionner pour les politiques publiques : j’ai continué un temps au sein de la Fonction publique, au titre de chargée  de mission pour la création au sein de la Région Lorraine – un territoire qui restait d’une dimension suffisamment gérable avant que la fusion des Régions ne fasse basculer l’action publique régionale dans une autre échelle. Puis, j’ai rejoint une fédération de grands ensembles de jazz. Bref, j’ai toujours été en lien avec les professionnels du spectacle vivant, mais sans avoir jamais dirigé le moindre établissement culturel. J’ai encore le souvenir du coup de fil que j’ai reçu au moment où le poste de délégué général se libérait à PROFEDIM. À l’époque, l’organisation recherchait quelqu’un qui connaissait les réalités du terrain, avait été dans un accompagnement des professionnels et qui était capable de parler en leur nom, dans une optique de recherche d’amélioration continue des conditions d’exercice de nos métiers.

Naturellement, je n’ai pas échappé à un complexe de l’impostrice. J’étais quand même amenée à faire du droit social sans en avoir jamais fait auparavant. Heureusement, j’ai pu bénéficier de la formation continue –  notre beau pays devrait se prévaloir de cette possibilité qu’il offre aux salariés de se former à d’autres domaines au cours de leur carrière. J’ai pu ainsi me former au droit social, au Cnam, et décroché ma certification. Si, donc, rien ne me prédisposait à occuper le poste que j’occupe aujourd’hui, je n’en suis pas moins arrivée à un endroit qui est une belle synthèse de ce qui me fait vibrer et de mon parcours antérieur que je n’ai en rien renié.

- Je ne résiste pas à l’envie de souligner cette idée que des métiers apparemment éloignés les uns des autres sont finalement plus proches qu’on croit, du fait de la similarité des compétences qu’ils requièrent. L’urgentiste, pour ne reprendre que cet exemple en développe qui lui permet de gérer des situations de crise variées, au sein d’organisations différentes… J’aime aussi cette idée qu’on puisse s’aventurer dans un métier sans rien en connaître, juste par curiosité ou capacité à saisir des opportunités et à s’adapter.

A.F. : Je regrette d’autant moins cette nouvelle orientation que j’ai donnée à ma carrière que mon poste permet d’avoir une vision à 360°. Il m’a même donné l’opportunité de présider la médecine du travail du secteur culture-presse-audiovisuel alors même que j’avais tout à découvrir de cette médecine. J’ai pu ainsi développer de nouvelles compétences et même accompagner une réforme législative sur le sujet, faire évoluer des organismes gérés paritairement par des syndicats d’employeurs et de salariés. Ce n’est pas tout : à compter du 20 mai 2026, je siègerai comme conseillère au Conseil économique, social et environnemental (Cese) – au titre de membre de la Fédération nationale des Groupements d’Employeurs Culture – du spectacle vivant ou enregistré, audiovisuel et cinéma – qui y a un siège.  Un enjeu de représentation encore différent au sens où il me faut représenter les intérêts d’autres organisations d’employeurs, en adoptant un point de vue différent de celui de notre cœur de métier, le spectacle vivant. Mais je crois aussi beaucoup en la poly-activité !

- Ne vous faut-il pas être aussi un peu « polyglotte » : savoir parler la langue des professionnels du spectacle vivant, celle des pouvoirs publics, celle encore des collectivités territoriales ? Être aussi un peu mouton à cinq pattes…

A.F. : Je me retrouve dans ce que vous dites : entre le pitch d’ascenseur d’une poignée de minutes à un ministre que l’on croise, le travail de conviction auprès du Parlement, le travail plus technique avec la haute-administration, avec nos adhérents et il est clair qu’il me faut adapter en permanence mes discours comme mes actions. Tant et si bien que j’aime à dire que mon seul métier, si j’en ai un, est d’être experte de la relation et de la communication. Autant dire que je sais tout faire et ne rien faire !

Quant à la métaphore du mouton à cinq pattes, elle reflète bien la réalité du fonctionnement de certaines organisations, tributaires d’une polyvalence dont des personnes font preuve en leur sein, en dehors de l’organigramme. Ce peut être une chance, mais aussi un risque : des organisations se retrouvent dépendantes de ces personnes clés, avec le risque d’être fragilisées en cas de départ de celles-ci. On le voit dans le secteur du spectacle vivant : des organisations sont portées par des personnalités fortes dont elles finissent par être tributaires. L’ultra personnalisation peut être un danger pour la survie d’une organisation. Il importe donc de veiller à la transmission des compétences. Une organisation n’en gagnera que plus en robustesse.

- Nous réalisons l’entretien au sein de l’EPA Paris-Saclay où vous avez consenti à venir pour les besoins de cet entretien. Qu’est-ce que cela dit de votre intérêt pour l’écosystème éponyme ? Quelle y est votre implication en tant que co-directrice déléguée de Scène Ensemble ?

A.F. : Il y a d’abord un intérêt personnel, qui tient au fait que j’habite depuis une quinzaine d’années dans la vallée de Chevreuse. J’ai donc pu suivre l’évolution du plateau de Saclay. Sans être plus spécialiste que cela d’aménagement urbain, j’ai été intéressée de voir surgir des constructions nouvelles – des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, notamment – et de voir comment s’organise l’échange entre les différents îlots de cet archipel, pour reprendre le mot que vous avez utilisé en amont de cet entretien pour caractériser le territoire, objet de l’Opération d’intérêt national.

On aurait pu craindre un projet top down, une ville nouvelle se posant telle une soucoupe volante sur ce territoire. Finalement, les besoins de lieux de partage et de convivialité ont été pensés en même temps que ceux destinés à la recherche ou à l’innovation. C’est important, car les activités humaines n’ont pas toutes pour finalité de remplir une fonction précise ; certaines répondent parfois au simple besoin de se réunir, d’échanger de manière informelle, d’avoir une expérience collective d’un territoire.

Je pense aux équipements sportifs, aux cafés et autres lieux de restauration, mais aussi et peut-être d’abord à la Scène de recherche. Je trouve exemplaire le fait d’avoir fait une place au spectacle vivant à travers cette dernière située de surcroît, il convient de le préciser, au sein même d’un établissement d’enseignement supérieur aussi prestigieux que l’ENS Paris-Saclay, ce qui ménage la possibilité de jeter un point entre le monde scientifique et technologique, et celui des arts.

Reconnaissons que le projet de l’OIN peut encore apparaître comme une boite noire aux yeux de personnes extérieures comme de ses habitants. La présence d’un lieu comme Scène de recherche peut contribuer à en mieux saisir les enjeux et défis, à travers ce travail de médiation entre sciences et arts.

Ce qui se joue ici, à Paris-Saclay, ce qui s’y invente, au plan de la recherche ou de l’innovation, peut trouver à se diffuser de différentes manières, notamment par le spectacle vivant.

Non qu’il faille utiliser l’art pour rendre la science plus accessible. L’enjeu est bien d’aller plus loin dans les démarches artistique et scientifique, dans une logique d’ensemencement mutuel en somme.

- Comment appréhendez-vous l’inscription de la Scène de recherche dans un campus universitaire ?

A.F. : Au sein de Scène Ensemble, nous sommes familiers de ce genre de contexte : plusieurs de nos membres sont des scènes universitaires, des théâtres en lien avec des campus : à Aix-en-Provence, à Lille, à Metz… Nous sommes absolument convaincus de l’intérêt de ces liens entre le spectacle vivant et l’université, ne serait-ce que pour offrir aux étudiants, comme aux chercheurs et enseignants-chercheurs, des moments de respiration voire d’inspiration.  D’autant plus que ce public a souvent une appétence pour l’art en dehors des activités de recherche ou d’enseignement, quand ce n’est pas en lien direct avec elle.

Pour en revenir au plateau de Saclay, le spectacle vivant y a donc aussi pleinement sa place. Il peut contribuer à faire communauté. C’est d’autant plus indispensable dans ce territoire en forme d’archipel – on y revient -, avec ses îlots qui paraissent éloignés les uns des autres…

- Pourquoi une organisation comme la vôtre n’inscrirait-elle pas dans son agenda les problématiques propres à un écosystème tourné vers la recherche et l’innovation ? Celui de Paris-Saclay en l’occurrence qui est d’ailleurs l’objet d’une OIN ainsi que cela a été rappelé.

A.F. : Les revendications ou projets que nous portons sont le reflet de nos adhérents. Scène Ensemble se fera d’autant plus l’écho de cet écosystème et de ses attentes, que nous compterons des membres qui en sont issus. C’est tout le sens de la démarche que je compte entreprendre auprès de la Scène de recherche. Plus largement encore que sur Paris-Saclay, nous avons à travailler avec les scènes qui sont en prise directe avec les enjeux de formation, d’enseignement et de recherche. Un triptyque présent dans nombre de villes métropolitaines ou même moyennes. Au vu de l’alignement des étoiles qu’on observe à Paris-Saclay, ce territoire pourrait être à la pointe de cette réflexion, et notamment sur la culture comme catalyseur de recherche et d’innovation, comme médiation avec le grand public, en plus d’être vecteur de convivialité. Un enjeu qui nous tient à cœur.

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Sylvain Allemand
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