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Verdir sa voiture énergivore et polluante : la solution Greenolis.

Le 24 juin 2022

Et si plutôt que de remplacer les véhicules polluants et énergivores, on leur donnait une seconde vie en les verdissant ? C’est le pari de la start-up Greenolis, 1re plateforme engagée en faveur de la rénovation des véhicules.

Précisons d’Iphigénie Kameni et de Jerôme Ravet, respectivement CEO Fondatrice et CMO rencontrés sur leur stand du village d’innovation lors de l’édition 2022 de Paris-Saclay SRING.

- Si vous deviez pitcher Greenolis…

Iphigénie Kameni : Greenolis est née d’une idée toute simple : plutôt que de remplacer les véhicules polluants par des véhicules neufs, nous pourrions commencer par les verdir pour qu’ils polluent et consomment moins. Nous visons particulièrement les personnes en situation de précarité, dépendant de leur véhicule sur des trajets contraints (parce qu’elles vivent sur des territoires mal desservis par les transports en commun et/ou ont des horaires de travail atypiques). Non seulement, nous leur permettons de conserver le leur le plus longtemps possible mais aussi d’améliorer leur pouvoir d’achat par les économies réalisées sur leur facture de carburant.

- Concrètement, quelles solutions proposez-vous pour verdir un véhicule ?

Iphigénie Kameni : Nous en proposons au moins trois. La première consiste à optimiser les performances énergétiques du véhicule en actionnant trois leviers : sa masse, sa puissance et son aérodynamisme. Greenolis compte un 3e associé : Patrick Herbault, un polytechnicien en charge de la R&D, qui a défini les fiches travaux – fiches qui ont donné lieu à un brevet.

- Quel coût représente cette solution pour le particulier ?

Iphigénie Kameni : En fonction des revenus fiscaux et pour alléger tout ou partie de la facture par les énergéticiens, nous pouvons – c’est notre deuxième solution – activer le dispositif mis en place par l’État dès 2005, mais rarement appliqué aux véhicules : je veux parler des certificats d’économie d’énergie (CEE), déjà très usités dans le secteur du bâtiment, mais méconnus dans celui du transport, alors même qu’ils avaient été créés aussi pour lui. Concrètement, nous nous rémunérons en revendant ces CEE obtenus grâce aux économies d’énergie réalisées par les particuliers avec leur véhicule [ pour en savoir plus, cliquer ici ].

Une troisième solution consiste à permettre à des citadins et des ruraux de faire du troc de véhicules : une possibilité intéressante quand on sait que les premiers ne pourront plus se déplacer en véhicule diesel en ville. Grâce à Greenolis, ils peuvent identifier des propriétaires de véhicules essence vivant en milieu rural pour l’échanger contre les leurs (pour les personnes vivant en milieu rural, un véhicule diesel à l’avantage de rouler au gasoil, moins cher que l’essence).

- Pourquoi ne pas proposer de changer le moteur thermique par un moteur électrique comme cela commence à être proposé ?

Iphigénie Kameni : Parce que ce type de solution engage une restructuration profonde du véhicule. Qui plus est, le retrofit électrique [la conversion d’un moteur thermique en un moteur électrique], puisque c’est de cela qu’il s’agit, fait perdre en puissance et en autonomie, en plus d’impliquer des interventions coûteuses. Aussi, nous préférons proposer de recourir au retrofit en GPL. C’est notre 3e solution.

- À vous entendre, vous participez à de l’ « innovation frugale » répondant à une problématique sociétale. Vous retrouvez-vous dans ces termes ?

Jérôme Ravet : Oui, c’est exactement cela. Dès le départ, nous nous sommes interrogés sur la manière dont nous pourrions aider, de la façon la plus pragmatique, des personnes en situation de précarité à continuer à se déplacer en voiture. Notre réponse consiste donc à adapter ce qui existe déjà. En cela, nous sommes moins dans de l’innovation disruptive que frugale, effectivement : nous ne cherchons pas à révolutionner ni l’automobile ni les usages, mais à faire avec l’existant en permettant à des personnes en situation de précarité de continuer à rouler, mais pour moins cher et en polluant moins.

- Où en êtes-vous dans le développement de Greenolis ?

Iphigénie Kameni : Notre ambition est de mettre en exploitation nos solutions dès le mois de septembre 2022. D’ores et déjà, nous réfléchissons à une 4e solution : la création d’un label, à l’instar de ce qui est proposé dans le secteur du bâtiment, pour garantir la qualité du retrofit au gaz naturel. Comme je l’ai dit, celui-ci implique une restructuration qui peut avoir des incidences sur le véhicule et, donc, la sécurité du conducteur. Dès lors, il y a nécessité à garantir que le retrofit a été réalisé par un professionnel qualifié. Il reste que la création d’un label ne peut se faire sans l’assentiment des pouvoirs publics. C’est pourquoi nous nous sommes rapprochés de l’État et de l’Ademe.

- Qu’est-ce qui vous a prédisposés à vous lancer dans cette aventure ?

Jérôme Ravet : Diplômé d’une école de commerce, j’ai douze ans d’expérience au sein d’un grand groupe bancaire et huit ans dans l’innovation liée à la mobilité, en lien avec de grands groupes automobiles.

Iphigénie Kameni : Pour ma part, j’ai un profil de business développeuse. Mon rôle est de contribuer à la création d’un écosystème avec des parties prenantes aussi bien publiques que privées, de faire en sorte qu’elles se rencontrent et participent à cette aventure, car c’en est une.

- L’entretien est réalisé sur votre stand, à l’occasion de Paris-Saclay SPRING. Quel intérêt représente le fait de participer à un tel événement ?

Iphigénie Kameni : Il va de soi que c’est une belle opportunité. Nous sommes d’autant plus heureux d’y participer que nous faisons partie des start-up sélectionnées dans le cadre de l’édition 2022 du SPRING 50. Un tel événement assure une visibilité exceptionnelle. Il permet de rencontrer des investisseurs et des clients potentiels, et de recueillir leurs retours sur nos solutions. A mi journée, le bilan est on ne peut plus positif : plusieurs visiteurs se sont arrêtés sur notre stand, en plus de ceux qui avaient programmé un échange virtuel. La plupart ont manifesté un intérêt à un titre aussi bien professionnel que personnel. Beaucoup nous ont dit avoir conscience du fait qu’ils seront sans doute tôt ou tard confrontés à la nécessité de choisir entre rénover leur véhicule ou en acquérir un autre. Ils sont donc plus qu’intéressés à l’idée de figurer parmi les early utilisateurs de notre plateforme.

Sylvain Allemand
Sylvain Allemand

Journaliste

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