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Entrepreneuriat innovant

Retour sur l’édition 2026 de NovaTech

Créé le 02/03/2026

Modifié le 02/03/2026

Rencontre avec Pierre Battistella, président de Genius CentraleSupélec

Ce 17 février, se tenait l’édition 2026 de NovaTech, un événement organisé à l’initiative de Genius CentraleSupélec, une association d’étudiants de CentraleSupélec, en parallèle des Rencontres Césures organisées par la Direction des relations entreprises et de la valorisation (DREV). Précisions de son président Pierre Battistella qui revient aussi sur les motivations de sa propre implication dans la promotion de l’entrepreneuriat innovant au sein de son école.

- Si, pour commencer, vous deviez pitcher NovaTech, l’événement qui se déroule actuellement dans le bâtiment Bouygues de CentraleSupélec ?

Pierre Battistella : Depuis sa création, en 2021, NovaTech a vocation à proposer aux élèves en quête d’un stage de césure, une alternative aux grandes entreprises du CAC40, en l’occurrence les start-up. NovaTech cherche aussi à mettre en valeur les élèves ingénieurs qui portent des projets innovants, au sein de CentraleSupélec ou, en dehors, sur le plateau de Saclay. Les élèves n’y pensent pas toujours, pourtant faire un stage dans une toute jeune entreprise innovante offre parfois plus d’opportunités du fait de l’absence de process comme ceux qui peuvent peser sur le fonctionnement de grandes entreprises : au sein d’une start-up, le stagiaire jouit d’une plus grande autonomie, d’une organisation de travail plus souple qui lui permet d’aborder différents aspects de l’innovation. NovaTech tente aussi d’élargir son offre, notamment vis-à-vis des start-up. Cette année, nous étions très heureux que BPI France ait accepté de venir parler du financement des start-up, un sujet clé s’il en est.

- Pour autant, les entreprises du CAC 40 et autres entreprises de renom ne sont pas absentes et disposent même de stand dans le cadre de l’événement qui se tient en parallèle…

P.B.: En effet, car il s’agit bien de laisser le choix aux élèves et de leur proposer un spectre d’entreprises aussi large que possible, dans différents secteurs industriels et technologiques. Trouver le bon contact au sein d’une grande entreprise ou d’une start-up n’est pas toujours évident. NovaTech permet donc de nouer un premier contact.
À l’inverse, il permet aussi aux start-up qui ne sont pas issues de l’écosystème de CentraleSupélec de se faire connaître que ce soit auprès des stagiaires ou de nos laboratoires. J’ajoute que pour les startuppers issus de CentraleSupélec, NovaTech est une manière de rendre un peu ce que l’école CentraleSupélec leur a donné, en proposant des offres de stages aux nouvelles promotions.

- Pour avoir fait un tour aux stands, je peux témoigner que les start-up présentes sont prometteuses. Toutes relèvent de la DeepTech…

P.B.: Nous avons pris le parti de privilégier la DeepTech, car les start-up de ce domaine correspondent le plus à l’esprit ingénieur : elles requièrent de l’ingénierie pour le développement de leur solution innovante. Et comme chacun sait, le propre de l’ingénieur est de chercher une solution technique à un problème complexe.

- Si vous deviez en mettre trois en exergue ?

P.B.: C’est difficile tant elles sont toutes intéressantes*. Mais puisqu’il me faut choisir, je citerai, pour illustrer aussi la diversité des problématiques traitées, Soraccel, pour commencer. Il s’agit d’un bureau de prototypage créé notamment par deux anciens de CentraleSupélec, Louis Regnier et Mattéo Lucas : il conçoit des drones en mesure d’opérer sans GPS, une innovation de rupture qui vient de remporter le prix DeepTech des Bourses Entrepreneuriat 2026.
Ensuite, Atmosph’Air, créée par une Centralienne Bérénice Arias, qui a mis au point une solution à base d’algues pour transformer à grande échelle le CO2 atmosphérique en un super engrais biologique.
Enfin, Asgard Motors, qui conçoit des quads électriques, en particulier pour les forces armées. Une start-up issue, elle, ni de CentraleSupélec ni même de l’écosystème de Paris-Saclay, mais que nous avons plaisir d’accueillir. Dans la période que nous vivons, il importe d’illustrer une contribution à notre souveraineté en matière de Défense comme dans tout autre domaine technologique.

* Les autres start-up présentesà NovaTech :

Zénith IA : automatisation de tâches par l’IA
Audacia : gestion de capital et accompagnement d’entrepreneurs
INNOV Plus : développement de logiciels pour l’automobile et en particulier pour analyser les comportements dans l’habitacle
Aletic : éditeur de solutions de PLM nouvelle génération propulsé par l’IA
Galadrim : agence web de développement web, mobile et IA
BuyCo : éditeur d’un logiciel de fret maritime pour simplifier l’expédition de conteneurs
Ankorstore : place de marché pour les professionnels du monde de l’agroalimentaire
Osiris Agriculture : premier robot d’irrigation autonome et polyvalent pour les cultures d’industries européennes
Spark Cleantech : production d’hydrogène décarboné (21st by CentraleSupélec)
CarbonFarm : utilisation de données satellites pour réduire l’impact carbone de l’agriculture
Wingleet : optimiser la maintenance aéronautique à l’aide de l’IA

- Qu’est-ce qui, personnellement, vous a motivé à participer à l’organisation de NovaTech ?

P.B.: Je préside Génius CentraleSupélec, l’association d’élèves ingénieurs qui organise chaque année, depuis 2021, NovaTech. Et à ce titre, le motto de mon mandat, est de convaincre les élèves qu’ils peuvent, pendant leurs années à CentraleSupélec, imaginer une solution innovante à un problème sans aller nécessairement jusqu’à participer à la création d’une start-up : un ingénieur peut apporter une plus-value à une entreprise, qu’il l’ait créée ou qu’il l’ait rejointe à la fin de ses études et cette plus-value tient précisément à cette capacité à réfléchir à un problème et à y apporter seul ou avec d’autres une solution technique. Je peux en témoigner : moi-même suis en train de créer une start-up dans le domaine du renseignement électromagnétique, sans exclure d’intégrer un jour un groupe industriel.
Reconnaissons cependant qu’une start-up en DeepTech est un cadre idéal pour cultiver cet esprit ingénieur : plus agile qu’un grand groupe, elle permet à un ingénieur d’aller plus loin dans le développement de solutions innovantes. Voyez Exotrail, que 21 st a récemment reçue : cette start-up a su concevoir des propulseurs que les grands industriels du secteur de l’aérospatial n’avaient pas la capacité de concevoir aussi rapidement.

- En plus d’être agile, les start-up démontrent aussi leur capacité à valoriser des avancées scientifiques en collaborant avec des laboratoires de recherche, ainsi que cela a d’ailleurs été rappelé lors de la table ronde organisée dans le cadre de votre événement [sur le thème de « l’innovation dans la conjoncture économique actuelle »].

P.B.: En effet, et c’est une autre vocation de Genius CentraleSupélec que de promouvoir les laboratoires de notre école en faisant le lien avec les startuppers qui ne songent pas forcément à se tourner vers eux pour en valoriser les brevets ou qui, parce que issus d’autres cursus – en grandes écoles de commerce -, n’ont pas forcément les compétences techniques pour mettre en œuvre leur solution. Ce dont témoignait Bernard Yannou, le directeur-adjoint de la recherche, en charge de l’innovation, de CentraleSupélec, au cours de cette même table-ronde.

- Dans quelle mesure l’inscription de votre école CentraleSupélec dans l’écosystème de Paris-Saclay sert-elle les ambitions de votre association ? Qu’en est-il des échanges avec les autres grandes écoles d’ingénieur qui s’y trouvent ?

P.B.: Pour parvenir à trouver des solutions innovantes, il importe de sortir d’un entre-soi, de savoir travailler avec d’autres, qu’elles que soient leurs écoles d’origine. Et ce n’est pas parce qu’au sein de votre école, un laboratoire relève du domaine que vous investissez qu’il faut vous interdire de travailler avec un autre laboratoire, fut-il rattaché à une autre école. Un Centralien peut très bien développer une start-up avec un laboratoire de l’ENS Paris-Saclay, de Polytechnique ou de toute autre grande école. Il ne devrait pas non plus hésiter à mettre ses compétences au service d’une start-up créée dans une autre grande école. Il importe désormais de raisonner à l’échelle de l’écosystème Paris-Saclay sans exclure de regarder au-delà.
En disant cela, je ne minore pas la force de la marque CentraleSupélec ni ne cacherai ma fierté d’avoir intégré cette grande école d’ingénieur, d’autant qu’elle est pleinement engagée dans l’Université Paris-Saclay, où elle assume un rôle de leader en termes d’entrepreneuriat innovant, de par le nombre de start-up qui y sont créées chaque année. Son incubateur-accélérateur 21 st s’est imposé comme une référence.
Donc, non, il ne s’agit pas d’effacer son identité. C’est, au contraire, en l’assumant qu’on parvient à s’ouvrir aux autres.

Propos recueillis par Sylvain Allemand

Sylvain Allemand
Sylvain Allemand

Journaliste

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