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Attractivité

Paris-Saclay en mode immersif

Créé le 17/02/2026

Modifié le 17/02/2026

Entretien avec Christian Van Gysel

TEDxSaclay, Hardware Accelerator Paris-Saclay, Village de l’innovation, réseau des iConnecteurs, etc. On ne compte plus les initiatives auxquelles a pris part cet acteur de Paris-Saclay. En voici une nouvelle : LeX in Action, destinée à mieux faire connaître ce dernier à travers notamment des visites immersives. Précisions dans cet entretien.

- Si vous deviez, pour commencer, pitcher LeX in Action ?

Christian Van Gysel : J’ai créé LeX in Action dans l’idée d’établir des ponts, des liens, des connexions entre les acteurs de l’innovation : des start-up, des incubateurs, des investisseurs, etc., au sein de Paris-Saclay, mais aussi avec d’autres clusters en France et dans le reste du monde.

- Comment comptez-vous vous y prendre ?

C.V.G.: D’abord, en faisant découvrir Paris-Saclay à travers des visites immersives de lieux emblématiques comme, par exemple, le Playground, le showroom technologique de Paris-Saclay, qui se trouve à deux pas des locaux de l’EPA où nous réalisons cet entretien ; mais aussi de grandes écoles – AgroParisTech, également voisine, CentraleSupélec, l’ENS Paris-Saclay, etc. -, de laboratoires et d’organismes de recherche ou de centres de R&D – le CEA List, Horiba, EDF Lab, etc.
Selon le cas, ces visites n’ont pas d’autre visée que touristique – faire découvrir la richesse de l’écosystème – ou une visée plus business – faire rencontrer à des investisseurs ou des représentants d’autres clusters, français ou étrangers, des acteurs de l’innovation de Paris-Saclay pour évaluer les possibilités de partenariats à plus ou moins long terme. J’en suis convaincu, c’est de ce genre d’échanges informels que peuvent naître de grands projets. Il importe donc de mettre en contact les personnes intéressées à en savoir plus sur Paris-Saclay avec les bons interlocuteurs.
Naturellement, il ne s’agit pas de monter seul ces visites, mais de le faire en association avec les acteurs de l’innovation : IncubAlliance Paris-Saclay, la FrenchTech Paris-Saclay, etc., sans oublier l’EPA Paris-Saclay.
L’an passé, nous avons déjà pu établir des connections avec le cluster de Bengalore où je me suis rendu en accompagnant une délégation de la région Île-de-France, à l’occasion de l’équivalent de notre Paris-Saclay Spring.

- Cluster de Bengalore dont vous aviez convié le directeur à l’édition 2024 de Paris-Saclay Spring, justement…

C.V.G.: En effet. Depuis, d’autres connexions ont été établies avec des gouverneurs des États-Unis ; en Europe, avec l’université belge KU Leven, etc.

- Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans cette démarche ?

C.V.G.: J’ai le sentiment que nous sommes passés à une nouvelle phase dans l’histoire de l’écosystème de Paris-Saclay. La première était celle de la construction ; elle a débuté il y a vingt ans avec la création de l’OIN [Opération d’intérêt national], en 2006, puis de l’EPAPS [devenu depuis, en 2015, EPA Paris-Saclay]. Depuis, il suffit de voir tous les bâtiments et équipements sortis de terre ou encore en cours de construction, les nombreuses entreprises qui s’y sont installées, les start-up qui y ont vu le jour, pour se convaincre que cet écosystème est devenu une réalité. L’université Paris-Saclay rayonne elle-même dans le monde – elle figure en bonne place dans le classement de Shanghaï.
Reconnaissons cependant que, malgré cela, l’écosystème Paris-Saclay reste encore méconnu à l’étranger, et même sur le plateau de Saclay ! Pour preuve, ce Parisien que nous avons croisé ce matin en nous rendant à notre rendez-vous et qui, bien qu’il travaille dans le quartier de l’École polytechnique reconnaissait ne pas savoir ce qui se jouait ici !
C’est dire s’il nous faut encore convaincre la population du bassin d’emploi de Paris-Saclay voire même les Franciliens, de l’existence de ce pôle scientifique et technologique du Grand Paris et de son enjeu.
Même constat quand je me rends à l’étranger : des acteurs de l’innovation, censés s’intéresser à ce qui se passe ici, en ignorent l’existence. À Miami, par exemple, où j’étais en décembre dernier, j’ai eu la surprise de constater que des universitaires pourtant engagés dans de la recherche appliquée reconnaissaient en avoir tout juste entendu parler, à travers le classement de Shanghai, mais à part cela, ils ne savaient pas vraiment ce qui s’y passait. Quand ils me citaient un incubateur-accélérateur français, c’était Station F qui, faut-il le rappeler, se trouve à Paris intra-muros…
Paris-Saclay n’en est pourtant plus au stade de projet. Il existe et gagne à être plus connu en France et à l’international. De là, donc, la création de LeX in Action.

- Dans l’idée de combler un vide ?

C.V.G.: Comme l’aurait fait n’importe quel startupper, je me suis quand même posé la question : y avait-il un marché pour ce genre de prestations ? Le fait qu’il n’existe pas d’équivalent pouvait aussi vouloir dire que le besoin n’existait pas. Ce n’est bien évidemment pas le cas. D’ailleurs, des offres se mettent progressivement en place. Je pense bien sûr à l’EPA Paris-Saclay dont la mission n’est pas seulement d’aménager le territoire ; elle est aussi d’en assurer le développement économique en connectant les acteurs de l’écosystème et en faisant connaître celui-ci à l’extérieur. Je pense aussi aux initiatives des communautés d’agglomération, qui ont aussi pour rôle d’animer le territoire. À mon tour, je me positionne sur ce marché, mais en tant qu’acteur privé : c’est ma seule différence avec ceux que je viens de citer.

- Est-ce à dire que vous entrez en concurrence avec eux, acteurs publics ?

C.V.G.: Non, bien évidemment. Je parlerai plus de complémentarité d’autant plus que je connais bien ces acteurs pour les fréquenter et m’investir de longue date dans l’écosystème.
Nous sommes tous au début d’une grande aventure. Si on veut que cela marche, il faut réunir nos forces, se garder de faire des procès de légitimité, stigmatiser les bonnes volontés au prétexte qu’elles marcheraient sur vos plates-bandes. D’ailleurs, récemment, avec l’EPA Paris-Saclay, nous avons accueilli une délégation de Taïwanais qui souhaitaient rencontrer des acteurs de Paris-Saclay, comprendre comment ils étaient parvenus à aménager un cluster dans un territoire à dominante agricole. J’ai fait le lien avec l’association Terre & Cité et d’autres acteurs, participé à l’organisation de deux workshops d’une demi-journée chacun.
Non seulement je connais ce territoire pour y vivre, m’y investir depuis une vingtaine d’années, dans différentes initiatives à titre bénévole – depuis 2006, je suis vice-président d’une association de business angels, en charge des relations avec l’écosystème, ce qui m’a permis au fil du temps de suivre tout ce qui y a été fait en matière d’entrepreneuriat innovant ; en 2015, j’ai cofondé TEDxSaclay, qui a permis de faire connaissance avec de nombreux acteurs. Ma carrière professionnelle au sein d’un grand groupe international de télécommunications, Nokia – présent dans l’écosystème à travers son centre de recherche & innovation de Nozay – m’a permis de vivre plusieurs expériences d’expatriation dans différents pays – le Nigeria, l’Afrique du Sud, les États-Unis, le Canada, l’Asie, d’autres encore en Amérique latine… – et de nouer contact avec les ambassades françaises et leurs chargés d’affaires. Naturellement, je me suis demandé pourquoi ne pas utiliser ces réseaux pour tisser des liens avec l’écosystème Paris-Saclay. Désormais à la retraite, je dispose de temps pour cela et peut entamer le 3e tiers de mon existence…

- Troisième tiers ? Que voulez-vous dire ?

C.V.G.: Mes trente premières années auront été celles de l’apprentissage de la vie, des études supérieures puis du début de ma carrière professionnelle, de la rencontre avec mon épouse – j’avais pile 30 ans quand nous nous sommes mariés, en septembre 1994. Les trente années suivantes ont été celles de la constitution de notre famille – nous avons eu des enfants -, de l’installation dans une maison que nous avons fait construire. Arrivé à l’âge de soixante ans, j’ai bénéficié d’un plan de départ mis en place par mon employeur. Tout naturellement, je me suis demandé ce que j’allais faire durant le dernier tiers. C’est ainsi qu’a fini par s’imposer LeX in Action.

- Un mot sur le nom même de votre structure : LeX in Action, dans lequel je ne peux m’empêcher de penser à Joie in Action, créée par une certaine Assya Van Gysel…

C.V.G.: Le « L », c’est pour Learning, le « e » pour expedition, enfin le X, c’est en référence à TEDxSaclay… Quant au in Action, c’est bien un clin d’œil à la joie qui m’anime, comme Assya ! À la conviction aussi que parler, c’est bien, mais à un moment donné, il faut passer à l’action.
À propos de TEDx, sachez qu’il en existe aujourd’hui 4 000 à travers le monde, dans autant de lieux tournés vers l’innovation… Naturellement, je rêverais de tous les connecter à Paris-Saclay. Mais sans doute me faudrait-il encore un autre tiers d’existence pour y parvenir ! [Rire].

Sylvain Allemand
Sylvain Allemand

Journaliste

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