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Paris-Saclay à l’heure des transitions et du changement climatique

Le 10 novembre 2022

Une fois n’est pas coutume, c’est sur sa perception de l’évolution du territoire Paris-Saclay au regard de différents enjeux du développement durable que nous avons voulu interviewer cette illustre paléoclimatologue.

Est-il besoin de présenter cette paléoclimatologue, directrice de recherche au CEA au sein du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) ? Elle contribue depuis des années à faire connaître les travaux du GIEC dont elle copréside, depuis 2015, le groupe de travail n°1 en charge de résumer et actualiser les connaissances sur le climat passé, présent et futur. À ce titre, elle a piloté le rapport publié en août 2021, qui pointe un changement mondial « sans précédent ». Une fois n’est pas coutume, c’est sur sa perception de l’évolution du territoire Paris-Saclay au regard de différents enjeux du développement durable – mobilités, alimentation, biodiversité et énergie – que nous avons voulu l’interroger. Un territoire qu’elle connaît bien pour y travailler et y résider.

- La Semaine européenne du développement durable (SEDD), qui, cette année 2022, s’est déroulé du 18 septembre au 8 octobre, a été l’occasion de faire le point sur les actions locales et de sensibiliser le grand public. Je vous propose de faire un tour d’horizon de la situation sur le territoire de Paris-Saclay, sous différents aspects. Commençons par les mobilités durables…

Les mobilités sont bien sûr un enjeu majeur. À cet égard, les chiffres avancés dans le cadre du plan climat-air-énergie territorial (PCAET) de l’agglomération de Paris-Saclay, pour ne prendre que cet exemple, sont significatifs : ils indiquent que les mobilités sont, comme à l’échelle de toute la France, le premier facteur d’émissions de gaz à effet de serre (GES). La plupart des déplacements à l’intérieur du territoire comme dans le reste de l’Ile-de-France se font encore avec des véhicules à moteur thermique. En résultent au moins trois problématiques qui pèsent au quotidien. D’abord, les embouteillages. Ensuite, la pollution de l’air : des pics d’ozone sont de nouveaux enregistrés, notamment durant les périodes caniculaires comme celles que nous venons de revivre. Enfin, les émissions de GES. Certes, le territoire de Paris-Saclay bénéficie d’un réseau dense de transport en commun mais il présente des limites et des contraintes que personnellement je vis au quotidien : l’absence de desserte dans les communes les plus éloignées, notamment en soirée et le week-end ou l’état de la ligne B du RER, aggravé en période de travaux. Ce réseau a beau avoir une capacité théorique importante de l’ordre d’un million d’usagers transportés chaque jour, son niveau de confort est déplorable aux heures de pointe.

- Un mot sur la ligne 18 du Grand Paris Express dont les travaux avancent ?

Même si je n’ignore pas que l’EPA Paris-Saclay la considère comme une ligne structurante pour relier des lieux de vie à des bassins d’emplois, je constate qu’elle est encore envisagée par certains comme un moyen de mettre d’abord en relation le plateau de Saclay avec l’aéroport international d’Orly. Ce qui peut être regrettable car il y a lieu de s’interroger sur la pertinence des déplacements aériens particulièrement émetteurs de GES. Les chercheurs ont leur part de responsabilité : ils sont nombreux à se déplacer en avion et plusieurs fois au cours d’une même année. Or, le secteur aérien est un de ceux qui seront les plus difficiles à décarboner. Une réflexion émerge notamment dans le cadre du collectif labos1point5.org sur l’évolution des pratiques de la recherche scientifique. Une question plus vaste est de savoir ce que pourrait être non seulement un tourisme international durable, mais aussi une vision durable des échanges et du rayonnement scientifique au-delà des frontières…

- Quels espoirs fondez-vous sur les moyens de déplacement alternatifs ?

Force est de constater, et il faut s’en réjouir, une montée en puissance des véhicules hybrides et électriques. Ils représentent un réel potentiel pour les déplacements sur le territoire, à l’échelle de l’île-de-France a fortiori. Le potentiel est d’autant plus énorme qu’il ne concerne pas que les véhicules de particuliers (VP), mais aussi les véhicules utilitaires et collectifs : navettes, camionnettes. Sans compter les possibilités de reconversion de véhicules à moteur thermique en véhicules électriques, soit le principe du rétrofit. Des possibilités que devrait encourager l’instauration de zones de circulation à faibles émissions.
Subsistent néanmoins des freins, à commencer par l’accès encore restreint à des bornes de recharge sur les lieux de travail. Il me semble que les infrastructures mises en place risquent d’être rapidement insuffisantes avec l’arrêt de la vente de véhicules thermiques en 2035. En tant que paléoclimatologue mais aussi comme personne attachée à la démocratie participative, j’ai toujours un pincement au cœur quand je vois circuler des bus affichant l’usage de gaz naturel. Il faut rappeler qu’il n’a de naturel que le nom : ce gaz est d’origine fossile ! Il provient aussi pour l’essentiel de pays où les principes démocratiques ne sont pas respectés et/ou est exploité par des entreprises qui ne sont pas si attachées que cela à lutter contre le réchauffement climatique.

- Au delà des avancées et innovations liées à son potentiel en termes de R&D, le territoire n’est-il pas riche d’initiatives portées par ses habitants, ses collectivités… ?

Si, en effet, on voit apparaître ici et là des initiatives. Je ne suis pas en mesure d’en évaluer l’efficacité. Mais une chose est sûre : un nombre croissant d’acteurs publics territoriaux prennent à bras le corps les problématiques de mobilité active pour notamment encourager l’usage du vélo. La marge de progression de ce dernier est encore importante, mais déjà on voit se structurer des réseaux de pistes cyclables de façon à permettre aux gens de se déplacer en toute sécurité par ce moyen. Certes, ces pistes sont encore insuffisamment interconnectées, mais la dynamique est à l’œuvre.
Par ailleurs, des politiques publiques incitent les salariés à recourir à ce moyen de déplacement, mais nous sommes encore loin d’avoir changé d’échelle. En France, du moins. Des pays européens sont plus avancés. Je pense aux Pays-Bas où dès les années 1970, suite au premier choc pétrolier, le choix a été fait de rendre les villes cyclables. On en voit aujourd’hui les bénéfices et ils sont proprement impressionnants : moins de nuisances sonores, plus de sécurité – les cyclistes de tous âges disposent de plus de place pour se déplacer tranquillement et stocker leurs vélos en sécurité – et, de manière générale, une meilleure qualité de vie qui se traduit au plan de la santé et de l’espérance de vie. De nombreux autres pays donnent l’exemple, outre les Pays-Bas : le Danemark, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne… Dans ces pays, on peut faire entrer son vélo dans les transports en commun. Allez en faire autant dans une rame de la ligne B du RER ! Se déplacer en vélo sur le territoire de Paris-Saclay relève encore du parcours du combattant. On manque par ailleurs de parkings sécurisés, indispensables pour ceux qui vivent en logements collectifs.
Heureusement, les mentalités changent. J’ai la chance de vivre dans une commune, Villejust, dont le maire se déplace régulièrement à vélo. Il faut aussi reconnaître le rôle des associations de promotion du vélo, très actives sur le territoire de Paris-Saclay. Ce sont des interlocuteurs précieux pour les collectivités. Il faudrait cependant engager un plan d’ensemble ambitieux, en prenant en compte jusqu’aux enfants car on a tout à gagner à ce qu’eux aussi puissent se déplacer à vélo : non seulement ils gagnent en autonomie, mais c’est bon pour leur bien-être. U un enfant qui arrive à l’école après avoir eu le plaisir de bouger arrive plus éveillé, donc plus apte à se concentrer et à apprendre…
Gardons à l’esprit que, depuis la pandémie, les plus jeunes pâtissent d’un déficit d’activité physique et sportive, une tendance amorcée avant, mais qui s’est accentuée chez les adolescents et notamment les jeunes filles. C’est dire si la pratique du vélo n’est pas seulement une contribution à la réduction des GES, c’est aussi, j’insiste sur ce point, une contribution à une politique préventive de santé publique. Le vélo pourrait aussi être un moyen de développer une offre de tourisme de proximité et de valoriser les espaces naturels, boisés ou forestiers. Certes, avec son plateau et ses vallées, le territoire se caractérise par des dénivellations importantes, mais le vélo électrique change la donne. Vous l’aurez compris, je place beaucoup d’espoir dans la promotion du vélo, qui a aussi l’avantage d’être accessible à toutes les bourses, en tout cas davantage que la voiture ou même les transports en commun.

- Venons-en à un autre volet du développement durable, à savoir la biodiversité. Je vous sollicite d’autant plus sur le sujet que vous ne manquez pas de faire profiter, via les réseaux sociaux, de celle qu’il vous est donné de contempler sur le territoire…

La biodiversité doit être entendue au sens large en y incluant la qualité des sols. De ce point de vue, force est de constater que l’aménagement du plateau de Saclay s’est développé en partie sur des surfaces agricoles parmi les plus fertiles d’Europe. Heureusement, on assiste à la montée en puissance d’actions et d’initiatives pour freiner cette artificialisation, dans le sens de l’objectif ZAN, et porter plus d’attention à la qualité des sols, à la protection d’espèces végétales ou animales menacées, quitte à les transférer d’un habitat à un autre. Je sais que l’EPA Paris-Saclay travaille sur ces sujets avec ses partenaires. Des efforts ont ainsi été consentis pour restaurer le réseau des rigoles dans le cadre de la trame bleue et verte. Je pense aussi au projet de restauration de haies dont les vertus agroécologiques ne sont plus à démontrer : elles sont très utiles au maintien d’une biodiversité, en plus de l’être pour ombrager une partie des champs ou de prairies, et amortissent les effets de pluies intenses, simplement par la capacité de la végétation à absorber l’eau.

- Et en matière d’alimentation, en quoi le territoire vous paraît-il novateur ?

Plusieurs initiatives ont déjà vu le jour, ce dont on ne peut que se réjouir. Peu à peu, une filière alimentaire se met en place. Je pense entre autres choses à la conserverie créée avec le soutien du département de l’Essonne. Elle va permettre de transformer sur place les productions locales et d’assurer un approvisionnement tout au long de l’année. Une nécessité si on veut convaincre la restauration collective de s’approvisionner sur le territoire.
De manière générale, il faut valoriser le contact direct entre ceux qui habitent et/ou travaillent sur le territoire et ceux qui produisent de l’alimentation, en renforçant les circuits courts. À cet égard, je pense à ces éco-délégués du lycée d’Orsay qui se sont rapprochés de la ferme de Villiers-le-Bâcle pour approvisionner leur cantine en pains bio et, en sens inverse, y valoriser les déchets organiques.
Restent des difficultés, pour les agriculteurs à recruter le personnel dont ils ont besoin, et, pour de jeunes producteurs, à s’installer sur le territoire, à y trouver des parcelles exploitables. D’autres enjeux portent sur la capacité à faire évoluer les pratiques agricoles vers l’agro-écologie, renforçant également l’indépendance par rapport aux engrais minéraux importés.
Cela étant dit, tout un chacun peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation en commençant par adopter un autre régime alimentaire, réduire la part de protéines animales dans sa consommation, notamment les produits issus de ruminants – viande et produits laitiers –, au profit d’une alimentation plus diversifiée, nutritive et saine, avec davantage de protéines végétales et une empreinte environnementale réduite… Là encore, les choses évoluent, mais encore très lentement. À Paris-Saclay comme ailleurs. La restauration collective propose des plats végétariens. Mais les initiatives sont encore loin d’être soutenues par des politiques publiques d’ensemble. Les choses pourraient aller plus vite notamment en valorisant les filières de production de protéines végétales et en stimulant la créativité pour cuisiner différemment.

- Le territoire a pour particularité de compter de nombreux chercheurs qui, non seulement y travaillent mais, comme vous, y habitent, avec la même aspiration à y bénéficier d’un cadre de vie satisfaisant au regard des enjeux du réchauffement climatique. Avez-vous le sentiment qu’il en résulte une ambiance particulière, propice à encourager des initiatives comme celles que vous avez évoquées et, au-delà, un dialogue entre science et société ?

Un potentiel est là, indéniablement, mais il n’est peut-être pas encore complètement exploité. Par exemple, l’écosystème compte des chercheurs reconnus dans le domaine de la biodiversité, pour ne prendre que cet exemple. Ils utilisent le territoire comme un champ de recherche et de formation pour leurs étudiants. Mais je ne suis pas sûre que les élus des communes concernées soient au courant de ces démarches et des résultats produits localement.
Ce que je vois aussi, c’est le vif intérêt des étudiants pour les enjeux de la biodiversité et du réchauffement climatique en général. Ils ont envie d’agir mais n’en ont pas toujours l’opportunité faute de trouver des stages co-construits par des laboratoires, des instituts de recherche, d’une part, les collectivités du territoire, d’autre part. Pourtant, pour la mise en place de leur PCAET, celles-ci pourraient davantage s’appuyer sur les compétences scientifiques présentes sur le territoire, du retour d’expérience de chercheurs, y compris dans d’autres contextes, régions ou pays. Cela étant dit, je constate que de plus en plus d’élus ont pris la mesure des défis liés au réchauffement climatique et d’agir ici, localement, à l’échelle du territoire, en s’appuyant sur les expertises qui s’y trouvent.

- Justement, quels sont les défis du réchauffement climatique pour un territoire comme Paris-Saclay ?

Les risques sont clairement identifiés et ce depuis plusieurs années. Ils sont au nombre de quatre pour les principaux. Le premier, c’est celui de subir des chaleurs extrêmes pour nous mêmes comme pour les écosystèmes naturels. Nous y sommes. Cet été en a fourni une nouvelle démonstration. Le territoire est tout aussi concerné que le reste de la France. Ensuite, les risques de pénurie d’eau. Nous y sommes là encore déjà confrontés. Pour preuve ces arrêtés sécheresse adoptés par le département de l’Essonne qui restreignent l’usage de l’eau. Ces pénuries impactent directement les activités agricoles et, donc, nos capacités de production alimentaire. Aux épisodes de sécheresse s’ajoute une intensification des pluies extrêmes susceptibles de provoquer des inondations. C’est le 3e risque identifié. Ce à quoi, on a également assisté ponctuellement lors d’épisodes orageux violents. Enfin, 4e risque : la fragilisation des bâtiments construits sur des sols argileux.
Insistons sur ce point : ces risques ne sont pas à venir. Nous sommes en plein dedans comme viennent de le montrer des événements climatiques récents. Les élus en ont conscience. Ils en voient les effets sur les réseaux d’assainissement et comprennent la nécessité d’anticiper la restauration d’écosystèmes naturels pour amortir ces effets. Ces élus sont demandeurs de plus d’interaction entre les acteurs de terrain qu’ils sont et la recherche académique présente sur le territoire. Des échanges informels existent. Il conviendrait, je crois, d’aller plus loin en réfléchissant à des lieux à même de les structurer, à l’image de Terre et Cité qui travaille avec les acteurs du territoires et l’EPA sur les enjeux des espaces naturels, agricoles et forestiers de Paris-Saclay. Je pense aussi à ces groupes régionaux d’experts climat ou biodiversité qui se mettent en place. À elles seules, les connaissances scientifiques ne sauront suffire pour définir une feuille de route, mais elles fournissent des éléments factuels, qui peuvent en nourrir l’élaboration et conduire à l’adoption d’autres modes de vie. Il ne faudrait pas à mon sens que l’innovation promue à Paris-Saclay soit seulement de nature technologique, mais qu’elle mobilise l’expérimentation et l’innovation au service de la résilience, la soutenabilité, la sobriété, en intégrant aussi les solutions fondées sur la nature pour favoriser des styles de vie sobres en carbone.

- Venons-en au volet énergétique…

Sur ce volet-là, des avancées sont notables. Je pense en particulier aux travaux menés en matière de géothermie, à la construction du réseau de chaleur et de froid [ pour en savoir plus, cliquer cii], qui ouvre des perspectives intéressantes. Mais, là encore, nous n’en sommes qu’au début. Ma commune est sur le point d’accueillir un data center, mais je ne pense pas qu’il y ait une récupération de la chaleur fatale, ce qui est dommage. Même regret à constater que le toit d’un gymnase récent sur le plateau de Saclay ne soit pas mis à profit pour y intégrer immédiatement des panneaux photovoltaïques. En cela, le territoire est à l’image du pays, en retard dans le déploiement des énergies renouvelables. Pourtant, des tensions croissantes apparaissent dans l’approvisionnement en électricité. Il y a donc urgence à prendre les choses à bras le corps. Des associations locales s’emploient à promouvoir ces ENR, des coopératives de production voient le jour. Le moment est là encore venu de changer d’échelle en soutenant ces initiatives.
Le territoire de Paris-Saclay, avec sa concentration de compétences et d’expertises en matière énergétique, est un atout. Je pense bien sûr au CEA, mais aussi à l’IPVF, à EDF Lab… Tout ce concentré d’ingénierie permettra, comme je l’espère, d’agir aussi à l’échelle du territoire.

- Quel regard posez-vous sur le projet d’aménagement dont le territoire est l’objet depuis les années 2010 ?

Je dirai que jusqu’à présent, nous avons subi des transformations, à la mesure de l’ampleur de ce projet d’aménagement – un projet d’envergure nationale, qui ne correspondait pas forcément aux attentes de tous les habitants, ni même de tous les chercheurs qui y travaillent. Je comprends néanmoins l’intérêt de regrouper et de mieux coordonner les forces académiques jusqu’alors éparpillées sur différents campus (le mille-feuille de l’organisation française). Il offre ainsi plus de lisibilité et d’opportunités aux étudiants comme aux enseignants chercheurs. En revanche, je ne vois pas encore les transformations profondes qu’appelle le contexte de réchauffement climatique, pour rendre ce même territoire plus résilient et y transformer jusqu’à nos modes de vie, y favoriser des expérimentations collectives, qui impliquent la recherche aussi bien que les habitants.

- Vous parlez peu de développement durable. Pourquoi ?

En effet, je préfère parler de « transformations » car cela parle davantage au plus grand nombre. Mais aussi parce qu’il s’agit d’anticiper les évolutions climatiques en adoptant – j’y reviens – de nouveaux comportements et modes de vie, sans attendre de se retrouver dos au mur dans la gestion des catastrophes appelées à s’amplifier et à se produire plus régulièrement. Concrètement, il s’agit d’arrêter de détruire les habitats du vivant, d’artificialiser les sols et de sortir le plus rapidement possible des énergies fossiles importées de pays qui ne sont pas des défenseurs de la démocratie ni des droits humains. Il n’est plus temps d’attendre. C’est maintenant qu’il faut agir. Ce à quoi devrait nous inciter d’ailleurs la situation géopolitique et la crise d’approvisionnement énergétique que nous connaissons.
Pour autant, je ne renoncerais pas totalement à la notion de développement soutenable qui a le mérite de nous inciter à penser ensemble le volet environnemental, le volet économique et le volet social. Si j’ai mis l’accent sur le premier, les deux autres sont essentiels. La situation de confinement que nous avons connue récemment, dans le contexte de crise sanitaire, a révélé une précarité importante, notamment au sein de la population étudiante. Une réalité à laquelle le territoire est confronté en plus de problématiques de précarité énergétique. On ne peut traiter de ce volet social, comme du volet environnemental, sans traiter du volet économique, notamment avec les enjeux de reconversion vers les métiers et emplois associés à la transformation vers une société décarbonée. C’est d’autant plus essentiel que, comme on l’a vu, de plus en plus d’étudiants, y compris de grandes écoles, refusent d’occuper des postes qui aggravent la destruction de la biodiversité, ou le changement climatique. Ils aspirent à mettre leurs savoirs et leurs compétences au service d’autres manières de produire, de construire. Une tendance dont des établissements d’enseignement supérieur de Paris-Saclay se font largement l’écho. Les entreprises qui n’ont pas de feuille de route claire et crédible sur ces aspects peinent à recruter de jeunes talents – c’est aussi un vecteur de transformation.

Sylvain Allemand
Sylvain Allemand

Journaliste

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