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L’IA générative, tout ce quelle (ne) permet (pas) de faire…

Le 12 février 2024

Entretien avec Charles Cosson, directeur du pôle Paris-Saclay à la Banque Populaire Val de France

Que faire de l’IA Générative ? C’est le sujet que la Terrasse Discovery+x avait proposé d’aborder, à l’occasion de sa cérémonie des vœux, à travers une conférence inspirante donnée par Mathieu Crucq, le directeur général de Brainsonic, une agence qui en fait déjà amplement usage. Charles Cosson, directeur du pôle Paris-Saclay à la Banque Populaire Val de France a bien voulu nous faire part de sa réaction à chaud.

- Comment l’idée vous est-elle venue de proposer cette conférence autour de l’IA générative et de ses implications ?

Charles Cosson : L’expertise que nous apportons aux entrepreneurs que nous hébergeons ici se veut la plus opérationnelle possible. Mais au fil du temps, La Terrasse Discovery +x by Banque Populaire Val de France a acquis la réputation d’être un bon observatoire de tendances. De là ces conférences inspirantes proposées à l’occasion de nos cérémonies des vœux. L’an passé, nous avions invité Thomas Houy, Maître de Conférences en management à Télécom Paris et co-directeur scientifique du Master 2 « Innovation et Transformation des Entreprises » créé en partenariat avec Sciences Po Paris. Il avait partagé ses travaux sur les nouvelles bonnes pratiques à adopter pour prendre des décisions éclairées pour son entreprise dans un environnement incertain.
Cette fois, sur proposition de notre service de communication, nous avons fait venir Mathieu Cruck, DG de la société Brainsonic, qui travaille déjà pour le groupe bancaire BPCE. La conférence qu’il nous a faite correspondait parfaitement à ce que nous souhaitions : comprendre ce que représente l’IA générative, ses évolutions, ce qu’on peut faire et ne peut pas faire avec. Il a donné plusieurs exemples tous plus bluffant les uns que les autres, de ce que sa propre agence est capable de faire. Je pense en particulier à cette vidéo des vœux de Michel-Édouard Leclerc formulés en différentes langues. En réalité, c’est un avatar. Le « vrai » Michel-Edouard Leclerc apparaît un peu plus tard sur l’écran.
Le même Mathieu Cruck a su cependant pointer aussi les risques liés notamment aux biais inhérents à cette IA et aux manipulations possibles – on ne compte déjà plus les fake news à base de photos ou de vidéos conçues à partir de l’IA générative, circulant sur les réseaux sociaux. Difficile pour l’œil humain de discerner ce qui a été produit par elle ou par un esprit humain.

- C’est ce qui était appréciable dans l’intervention de Mathieu Cruck : il ne cherchait pas à « vendre » l’IA générative, mais à témoigner de ce que son agence est capable de faire avec, non sans être lucide sur les risques, les questions qu’elle soulève, à commencer par celle des droits d’auteur.

C.C. : Oui, et cela correspond bien encore à ce que nous souhaitions : un témoignage qui puisse être utile aux chefs d’entreprise, les aider à s’approprier cette IA générative en connaissance de cause de son potentiel et de ses risques. Comme l’a très bien rappelé Mathieu, cette IA générative ne prendra pas les emplois de quiconque ; en revanche, ceux qui consentent à essayer d’en comprendre les principes et à l’intégrer dans leur métier auront un avantage sur ceux qui préfèrent s’en tenir à l’écart. Plutôt que de se prendre la vague en pleine figure, autant donc essayer d’y entrer pour mieux surfer dessus.
On a d’autant moins de raison de s’y opposer a priori que, comme l’a également bien dit Mathieu, l’IA générative permet de disposer de plus de temps pour la réflexion, en réduisant celui nécessaire à la rédaction d’un texte standardisé (comme une offre d’emploi) ou à la fabrication d’un visuel ou d’une vidéo. L’IA générative est en ce sens davantage à envisager comme un assistant, un auxiliaire, qui fait gagner du temps tout en réduisant les coûts. Là où plusieurs personnes étaient nécessaires pour un shooting photo ou un tournage, on peut concevoir un visuel ou une vidéo depuis un ordinateur. Ce qui ne manque pas de soulever d’autres questions, celle du copyright, qu’il a effectivement abordée en rappelant les différentes législations existantes sur le sujet entre les pays qui autorisent l’entrainement de modèles de type ChatGPT et ceux qui l’interdisent.

- Une dernière question que je ne résiste pas à l’envie de poser : il se fait tard et pourtant beaucoup d’invités sont encore là à discuter à bâton rompu. À se demander si le monde de demain n’est pas un monde où on interagira selon les circonstances à travers son avatar, tout en continuant à apprécier de pouvoir le faire en chair et en os…

C.C. : La crise sanitaire que nous avons traversée avec ces périodes de confinement, a montré tout l’intérêt des moyens de communication modernes pour échanger en distanciel, mais aussi ce besoin viscéral que l’on a à pouvoir interagir en présentiel. Certes, il y eut les apéros à distance, mais qui ont fini par rencontrer leurs limites. Quoi de mieux que de pouvoir interagir comme on le fait en cet instant pour les besoins de cette interview, en fonction des expressions du visage, des mouvements du corps. Avant d’être une image, fixe ou mobile, on est un humain. C’est ce qui me rend confiant quant à la pérennité de lieux comme la Terrasse Discovery +x by Banque Populaire Val de France qui permettent justement, comme ce soir, d’interagir directement avec un conférencier d’une manière autrement plus stimulante qu’à distance ou par un chatbot avec son jeu de questions /réponses formatées. Car ce n’est pas ainsi que des humains dialoguent ou conversent. Du moins pour l’instant !

Sylvain Allemand
Sylvain Allemand

Journaliste

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