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Echos de Paris-Saclay au Domaine de Chaumont-sur-Loire.

Le 8 septembre 2020

L’écosystème Paris-Saclay rayonne bien au-delà du périmètre de l’Opération d’intérêt National (OIN). En voici une nouvelle illustration avec le Domaine de Chaumont-sur-Loire, qui expose notamment les œuvres d’une artiste intervenue l’an passé dans le cadre de CURIOSITas, le Festival Arts&Science organisé par La Diagonale Paris-Saclay.

Cet été, l’occasion nous fut donnée de nous rendre au Festival International des Jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire. Pour mémoire, il y expose des jardins réalisés spécialement par des équipes de concepteurs venues du monde entier, en lien avec une thématique donnée. Cette année : « Les jardins de la Terre – Retour à la Terre Mère ».
Mais outre des jardins pérennes, le Domaine recèle bien d’autres trésors en son château, son parc et ses dépendances (les écuries) et dans les espaces de son Centre d’arts et de nature : des œuvres d’artistes plasticiens.
Parmi elles, quelle ne fut pas notre surprise d’en découvrir une en lien avec Paris-Saclay ! Installée à la « Grange aux abeilles », il s’agit de « MicaPenrose » (en illustration ci-dessus), exposée l’an passée dans le cadre de l’édition 2019 du Festival CURIOSITas. Elle est due à Léa Barbazanges, dont on peut découvrir d’autres œuvres ayant toutes pour point commun de s’inscrire dans une même thématique, les cristaux. Diplômée de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (2009), ville où elle réside et travaille, cette jeune artiste (elle est née en 1985, à Rennes), a déjà un beau parcours derrière elle.
Les festivals CURIOSITas et de Chaumont-sur-Loire ne sont pas les premiers où elle expose : outre des expositions personnelles, à Paris ou à Ekaterinbourg (Russie), elle a participé à des expositions collectives (Mulhouse, Paris, Durbach, en Allemagne,…). Lauréate du programme « Hors les murs » de l’Institut français, elle a également réalisé en juillet 2017 une résidence artistique, à Satka (Russie).

Entre arts et science

Passionnante, sa démarche l’est à double titre. D’abord, parce qu’elle se place à l’interface du vivant et du minéral. Voici ce qu’elle en dit sur le site du Festival Chaumont-sur-Loire : « J’emploie dans mon travail artistique des matériaux organiques, car je veux parler du vivant, de la vie de chacun. J’emploie aussi le minéral, constituant indispensable de la Terre qui a joué un rôle essentiel dans l’apparition du vivant, et qui participe toujours aujourd’hui au maintien de la vie sur Terre. »
Ensuite, elle se nourrit d’un dialogue avec des scientifiques patentés. C’est le cas pour MicaPenrose, œuvre réalisée avec un chercheur du CNRS, Sylvain Ravy (directeur du Laboratoire de Physique des Solides de l’Université Paris-Sud), avec le soutien de Diagonale Paris-Saclay et la Région Grand Est, enfin, l’expertise d’un membre de l’Académie des sciences, Denis Gratias.
Il s’agit, ainsi qu’on peut aussi le lire sur le site, d’« un quasi-cristal avec des tuiles faites d’un cristal périodique, le mica. C’est ce minéral qui scintille dans le sable et les galets. Les couleurs, qui reprennent la palette de celles des bulles de savon, sont dues aux propriétés optiques du mica et changent en fonction du déplacement du spectateur. En vision latérale, la couleur naturelle du minéral apparaît. Le motif – un pavage de Penrose – permet de modéliser la structure atomique d’un quasi-cristal d’alliage d’aluminium, dont la découverte a été récompensée par le prix Nobel de Chimie 2011 [ Daniel Schechtman]. Le cadre de MicaPenrose est lui-même réalisé en alliage d’aluminium. »
On est donc bien dans l’esprit du Festival CURIOSITas, qui, faut-il le rappeler, vise à placer l’artiste et le chercheur sur un pied d’égalité dans le processus de création (le second n’est pas là pour simplement embellir la science incarnée par le second !), non sans ménager la possibilité d’avancées scientifiques. De fait, ici, l’œuvre aura confirmé combien la découverte du quasi-cristal aura bouleversé les idées que les scientifiques se faisaient de l’ordre dans la matière.
Pour ceux qui veulent suivre le travail de Léa Barbazanges, rendez-vous sont donnés au château de Monbazillac où elle devait être en résidence ; à la Halle aux Sucres de Dunkerque ; au Musée d’Art Moderne et Contemporaine de Strasbourg, dans le cadre de l’exposition « L’œil de Huysmans : Manet, Degas, Moreau ». Pour plus amples informations, consulter son propre site web (pour y accéder, cliquer ici).

Publié dans :

Sylvain Allemand
Sylvain Allemand

Journaliste

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